Comment améliorer son Topspin coup droit ?

Le topspin coup droit

C’est le coup d’attaque le plus utilisé au tennis de table. C’est pourquoi je vais commencer par en poser les bases biomécaniques et gestuelles. Le plan qui est proposé ci-après est amené à être modifié par la suite grâce à vos commentaires. L’objectif étant de bien poser les bases afin de pointer plus précisément certains aspects du geste et de les approfondir dans de prochains articles où nous verrons également les différents types de topspin comme le topspin rotation et le sidespin.

La découpe chronologique du Topspin

Un geste technique se caractérise par trois phases, la phase de préparation ou l’armé, l’exécution du geste jusqu’au contact et sa phase finale en amplitude complète.

Comme à chaque fois que vous voulez apprendre, étudier, analyser un geste, commencez par regarder ce qui se passe en bas puis remonter. C’est-à-dire le placement des pieds et jambes puis le bassin, les épaules, le coude et enfin le poignet. Il faut comprendre le corps humain comme une chaine, une position et une action musculaire des pieds vont déterminer la suite du geste comme une roue qui entraine à son tour une autre roue.

Phase de préparation

Pour comprendre la position des pieds lors du geste il faut se rappeler de l’objectif des coups d’attaques. On veut prendre l’adversaire de vitesse en procédant à une accélération de la balle. Pour engranger cette vitesse supplémentaire on va prendre de l’amplitude et le décalage jambe gauche devant, jambe droite derrière constitue la base de cette prise d’amplitude et de la transmission des forces qui déterminera en grande partie la réussite du geste. Mais cela, je l’expliquerai encore plus en détail dans les parties suivantes.

Je ne m’attarderai pas sur le placement du bassin si ce n’est pour dire qu’il doit être verrouillé, ni en rétroversion ni en antéversion.

En ce qui concerne le haut du corps, il doit être penché vers l’avant, j’ai l’habitude de dire les épaules devant le nombril. Cela sert avant tout à placer le centre de gravité du corps vers l’avant, à décoller les talons du sol et bénéficier de l’effet élastique ou rebond des jambes. En outre, pour certains en fonction de leur morphologie (petit ou grand) cela leur permet d’avoir une meilleure vision du jeu, de prend la balle plus tôt.

Les épaules tournent et se placent de profil par rapport à la balle. Le coude se détend (je préfère parler de détente que d’extension car l’extension suppose une amplitude complète or le coude n’est jamais en extension complète) et le poignet est relâché.

L’exécution du Topspin

Tout d’abord, rappelons que le rebond de la balle suit trois phases : La phase ascendante, le sommet et la phase descendante. Bien qu’un top spin puisse s’effectuer sur ces trois phases, nous allons partir du principe que la balle est au sommet. Il existe par rapport à cette prise de balle, une notion de rythme assez difficile à expliquer et subjectif.

La première notion à comprendre, c’est qu’il ne doit y avoir aucun temps d’arrêt. Certes je découpe le geste en trois phases, mais ce sont des phases qui s’enchainent sans temps de pause. L’erreur très fréquente et qui peut devenir une très mauvaise habitude en match est d’armer son geste, d’attendre puis de jouer. C’est très fréquent au panier de balle ou aux exercices de distributions sans incertitudes. S’il y a un temps d’arrêt entre l’armement et l’exécution, on perd à la fois la notion de rythme par anticipation et à la foi la puissance qui se dégage par l’élasticité du muscle.

Pour que cela paraisse plus limpide je vous présente l’exercice du squat jump. C’est un exercice que je détaillerai d’ailleurs plus en détail plus tard car c’est un excellent moyen d’évaluation de l’explosivité et du métabolisme alactique. L’exercice consiste en position debout bras sur les hanches et en position semi fléchie à effectuer une extension verticale en allant chercher le plus haut possible. Par le droit de se servir des bras. Deuxièmement, même exercice sauf qu’on part en position debout et on enchaine position semi fléchie et l’extension. On constate une amélioration d’environ 20% de la détente. C’est exactement le même phénomène lors de l’armée/exécution.

Enfin, par rapport au rythme, la balle doit être prise devant soi (et non pas sur le côté). D’ailleurs, armer et attendre la balle est le meilleur moyen de prendre la balle trop tard alors qu’un enchainement fluide permet une prise de balle plus tôt et une amélioration du rythme.

Repartons du bas du corps, nous sommes de profil par rapport à la balle avec un décalage des jambes gauche et droite afin de maximiser la transmission des forces vers l‘AVANT. Nous allons donc transmettre le poids du corps de la jambe arrière à la jambe avant par une rotation du bassin et de la hanche. C’est déjà par là une notion contre intuitive, plutôt bien intégrée dans le monde pongiste même si peu appliquée car biomécaniquement compliquée à mettre en place. On parle de transmission vers l’avant en tournant. Et oui, d’où l’intérêt de placer sa jambe gauche devant (pour un droitier) afin qu’elle serve de butée bloquant la rotation et l’arrêtant vers l’avant.

Le haut du corps suit cette rotation, attention à rester bien gainé tout le long de l’exécution. Le gainage constituera à lui tout seul un voir plusieurs articles. Les épaules se tournent, le coude effectue une flexion au contact balle/raquette avec le poignet qui reste relâché.

Comme très bien expliquer dans la vidéo de l’ITTF sur le topspin coup droit avec Marcos freitas, au contact balle/raquette l’alignement des deux épaules et épaule coude poignet doit former un triangle. C’est un facteur déterminant concernant la qualité du placement de la balle. Imaginons que vous voulez effectuer votre topspin dans la diagonale coup droit, si l’angle est trop grand vous aurez tendance à placer la balle milieu de table et si l’angle est trop petit à la placer dans la petite diagonale.  Ce conseil ne vaut pas, lorsqu’il s’agit de feinter son adversaire en lui apportant une fausse information avec la direction de vos épaules.

La phase finale du Topspin

« Avance dans ta balle », « rentre dans ta balle » « traverse la balle » !! Si vous entrez dans une salle d’entrainement et que vous entendez un entraineur donner ce genre de conseil, vous êtes bien dans une salle de ping. C’est LE conseil qu’on entend le plus, pas besoin de passer de diplôme, si vous savez dire ça, vous pouvez être entraineur de tennis de table. Plaisanterie à part, « avance dans ta balle » a une signification bien précise. Personnellement je trouve l’expression « traverse la balle » plus parlante. Il s’agit bien de toucher la balle et de l’accompagner. Plus facile à dire qu’à faire, pour y parvenir il faut suivre tous les conseils précédents et rajouter la notion d’accélération progressive.

Si vous avez le bon placement de jambe, que vous êtes gainé MAIS relâché au niveau du bras et du poignet, que vous prenez la balle au bon moment avec un geste assez rapide il reste la dernière notion d’accélération. Accélérez votre geste juste avant le contact balle raquette, c’est extrêmement important. Vous aurez plus de sensation, vous serez plus précis et vous aurez vraiment l’impression de traverser davantage la balle. De plus, commencer l’exécution du geste avec le bras au genou avec une vitesse d’exécution linéaire vous fera très souvent trop frotter la balle. Armé le geste, commencer lentement et lorsque votre raquette est au niveau de la balle, accélérez.

Enfin, en ce qui concerne la fin du geste, veillez à ne pas finir trop sur le côté, cela pourrait faire partir l’ensemble du corps sur le côté et rendre tout déplacement latéral opposé très difficile. Le geste se termine devant, maintien de l’équilibre optimal et retour en position neutre plus rapide.

Les variabilités interindividuelles

Bien évidemment, nous ne sommes pas tous des robots et personnellement je plaide pour que l’entrainement soit toujours individualisé. Et heureusement, il existe des variables sur lesquelles nous pouvons jouer pour avoir un style de jeu unique et harmonieux par rapport à notre coordination, dissociation, morphologie, habitude, traumatologie.

La première variable sur laquelle nous pouvons jouer est le degré de mobilisation des articulations. Hanche, épaules, coude et poignet. Il n’y a pas de règles spécifiques à ce niveau si ce n’est le respect des amplitudes articulaires. Quand on regarde un Timo Boll, un Kreanga ou un Ma Long on se rend bien compte que le degré de mobilisation des articulations est différent. Timo Boll va davantage utiliser le coude et le poignet, kreanga l’épaule et Ma Long utilise les trois de manière très harmonieuse et fluide. En revanche, cela impactera votre vitesse de réaction et potentiellement votre ligne de sol.

Les erreurs courantes

Je vais seulement énumérer pour moi les plus importantes chez le débutant :

1/ Il n’y a pas de recherche d’amplitude dans le geste : pas de rotation du buste, du bassin ni de décalage jambe gauche/droite.

2/ Pas la flexion de l’avant-bras qui est nécessaire à la création de la rotation.

3/ Aucune flexion des genoux, le joueur est assis avec le poids du corps sur les talons. Ce qui s’accompagne souvent des défauts suivants :

  • Epaules qui partent vers l’arrière pendant le geste
  • Le bas du dos se creuse (lordose)
  • La jambe gauche, normalement devant pour les droitiers, n’est pas mobilisée et pivote pour aller vers l’arrière

 

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