Méthodologie de l’entrainement

Cet article a pour objectif de vous aider à créer des séances personnalisées en utilisant une certaine méthodologie. J’aimerais déjà apporter des éléments de réponse à la question :Combien d’entrainement par semaine pour progresser ? Et bien cela dépend de votre âge, de votre santé, de la qualité des entrainements, des entraineurs et de tout votre environnement. Quand je parle d’environnement, je pense principalement à la famille et aux amis. Parce que oui, ils influent sur notre performance, surtout enfant. Quand de jeunes enfants arrivent et que l’on remarque un certain « talent», on a tendance à l’attribuer à des facteurs mystiques comme par exemple le toucher de balle. Pour moi, ce sont des enfants socialement habitués, avec une table de ping à la maison ou à l’école, ou qui pratiquent un autre sport en parallèle.

Je vais prendre un parti pris clair : je ne crois pas au talent. Je préfère un entraineur pragmatique qui affecte les bonnes causes aux bons effets. J’entends trop dire, je n’ai pas de mental, pas de talent, pas de toucher.

Mais qu’est-ce que le mental, qu’est-ce que le talent, qu’est-ce que le toucher de balle ? Quand on creuse, on s’aperçoit que l’on peut les définir et que ce sont des phénomènes entraînables. A partir de là, j’aimerais que chacun se sente capable d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. Encore faut-il de la connaissance et une méthodologie, d’où la naissance d’Attitudeping, permettre à tout un chacun de s’améliorer pour atteindre ses objectifs.

Fin de cette longue introduction, c’était important pour moi de donner mon avis sur ce sujet afin d’aborder l’article sur un ton optimiste et réaliste.

Nombre d’heure par semaine ?

Je vais peut-être vous décevoir d’entrée, mais comme cité plus haut, les facteurs qui peuvent intervenir dans la performance sont extrêmement nombreux. Ainsi tout ce qui permet de s’améliorer devrait être inclus dans de l’entrainement. Je pense à ceux qui courent, qui font un deuxième sport, qui ont un travail physique etc… Par simplification, nous allons nous contenter des heures à la salle de tennis de table. Néanmoins je proposerai ci-après une alternative vous permettant de vous y retrouver.

Je vais partir du principe qu’un seul entrainement par semaine ne permet pas le maintien des acquis et entraine une régression. Deux entrainements par semaine permettent le maintien et trois entrainements par semaine permettent une amélioration. Dans l’optique où vous ne regardez pas de vidéo de tennis de table, n’avez pas de suivi en préparation mentale, pas d’activité physique complémentaire et que votre pic pubertaire est derrière vous.

Vous en conviendrez, ce n’est pas le cas de beaucoup d’entre vous (sauf pour l’adolescence) Rien que le fait d’être ici témoigne d’une certaine implication et motivation qui devrait logiquement vous permettre, relativement à votre niveau, de progresser avec moins d’entrainement.

 

Les facteurs de la performance :

 

 

 

 

Un petit schéma qui résume bien tous les facteurs de la performance. Vous constaterez qu’on est parfois loin de la salle de ping. Il existe autant de schémas de ce type que de disciplines sportives. L’avantage de celui-ci étant d’être complet et correspond à une logique universitaire pluridisciplinaire qui me plait.

Un autre schéma davantage explicite :

 

 

Quand je vois ce dernier schéma je pense aux « paliers » dont beaucoup parlent. Comment passer 9,13,15,17 etc. Beaucoup s’invitent à penser que ces paliers ne concernent que l’aspect technique et qu’une fois que l’on a appris un geste, on devient performant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Je pense que beaucoup montent en classement puis stagnent parce qu’ils ne se concentrent pas sur les autres aspects de la performance. Quand je vois la qualité de jeu de certains joueurs qui évoluent pourtant en nationale je me dis vraiment que le mental, la tactique et le physique sont importants. Rappelez-vous bien d’une chose : il y a autant de façons de progresser qu’il existe de joueurs.

Dans la séance :

C’est peut-être la partie la plus intéressante pour ceux qui souhaitent avoir les bases pour se construire une séance personnalisée. Mon propos va s’appuyer sur la théorie de l’apprentissage moteur selon Schmidt (théorie cognitiviste), qui pose le postulat que le cerveau fonctionne comme un ordinateur. Stimulus, traitement de l’information et réponse motrice. Cette théorie de l’apprentissage moteur n’est pas la seule, elle n’explique d’ailleurs pas tout mais comme c’est la plus répandue dans le sport et dans le ping, je ne me mouille pas trop.

Le tennis de table est un sport totalement saturé d’informations, pas forcément en nombre mais en rapidité de traitement. On va donc essayer lors des exercices de réduire ce traitement de l’information afin de fixer une habileté motrice. Top coup droit sur bloc. Une fois fixé on essaie de la coupler à d’autres habiletés. Topspin coup droit puis topspin revers sur bloc ou service topspin etc… Enfin, et là c’est le plus difficile, on fait varier une même habileté : on reste sur du topspin coup droit mais on varie le bloc ou la poussette pour pousser ce qu’on appelle le « programme moteur » du topspin coup droit à évoluer et à prendre en compte toutes les variables que l’on connaît.

Créez donc vos séances en fonction de votre niveau. Si vous n’êtes pas à l’aise en topspin revers, commencez par du panier de balle ou du jeu régulier. Dans cette situation, préférez jouer sur des joueurs qui peuvent vous renvoyer la balle de manière correcte et régulière.

Une fois que vous êtes à l’aise, passez rapidement sur du jeu de liaison et d’incertitude. Restez sur du jeu régulier pour passer de 10 top bloc à la suite à 20 top bloc n’a pas grand intérêt. Quand vous êtes capable d’enchaîner 5-6 topspins de même qualité, il est temps de se rapprocher des situations de jeu réel.

 

Quelques exemples :

 

Amélioration du flip revers :

1/ Flip sur balle peu coupée au panier de balle.

2/ Flip en situation de coopération sur service latéral ou mou. Le serveur remet la balle dans le revers puis jeu libre.

3/ Service coupé ou mou/latéral. Je flippe ou je remets court. Le serveur remet la balle dans le revers puis jeu libre (plus difficile qu’il n’y paraît).

X/ …. Faire varier les situations. Varier le placement ou l’effet du service, sortant, rentrant, 2 rebond etc…Faire varier le flip, son effet, son placement.

4/ Service dans le revers et jeu libre. Instaurez du comptage de point. Par exemple faites un set où l’adversaire ne sert que court dans le revers par exemple. Cela permettra également de voir le taux de réussite en situation de stress.

 

Amélioration du topspin rotation coup droit 

1/ Topspin rotation coup droit (TRCD) au panier de balles sur balles coupées.

2/ TRCD sur service long coupé ou je sers court coupé, remise longue dans le coup droit.

3/ Je sers court coupé, remise longue dans le coup droit ou courte. Un bon exercice de ce type que j’aime bien, c’est service court coupé, remise longue dans le revers ou courte coup droit. Mais on peut aussi le faire en longue coup droit et court revers.

 

Bref, je pense que vous aurez compris la logique. Dans une séance globale, voici la trame :

  • Echauffement en dehors de la table
  • Echauffement à la table (faire varier! Régularité en diagonale, en ligne, top bloc, du service, du changement de ligne de sol, variation d’effet, prendre 10 min là-dessus)
  • Exercice de déplacement sans incertitude
  • Déplacement avec incertitude
  • Service/remise sans incertitude
  • Service remise avec incertitude

En fonction du niveau, faire varier la difficulté des déplacements et le taux d’incertitude.

Cette trame n’est pas forcément à respecter si vous avez une planification visant les championnats de France par exemple. Il faudra peut-être faire des séances à 80% de déplacement, de flip ou que sais-je.

Dans l’optique où vous voulez être en forme de manière régulière tout au long de l’année, c’est cet enchaînement que j’utilise.

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