Les filières énergétiques : Pourquoi s’en préoccuper ?

Introduction

Gros sujet aujourd’hui puisqu’on va parler de quelque chose d’essentiel : les filières énergétiques. Pour ceux qui n’y connaisse vraiment rien en physiologie, je vous rassure, vous y trouverez votre compte. L’objectif étant d’être concret et pédagogique.

Les filières énergétiques, ce sont des processus de création d’énergie dans le but de répondre à un type d’effort. L’énergie, s’appelle l’ATP (Adénosine Triphosphate). Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il existe trois voies/filières/métabolismes pour créer de l’énergie. Chaque filière est alimentée par des actions chimiques plus ou moins complexes et donc plus où moins longues à mettre en place. Complexité de l’action chimique = longue durée d’activation.

Trois façons de créer de l’énergie

  • Filière anaérobie alactique
  • Filières anaérobie lactique
  • Filière aérobie

Les substrats représentent tous les « ingrédient » nécessaire à chaque filière pour créer de l’énergie. Pour chaque filière les substrats sont différents.

Les substrats

 

 

 

 

 

 

 

 

Remarquez que le nom des filières change pour correspondre à leurs substrats et ainsi faciliter la mémorisation. On a donc :

  • Anaérobie alactique = Phosphagène = Utilise la phosphocréatine comme substrat
  • Anaérobie lactique = Glycolytique = Utilise glucose et glycogène comme substrat
  • Aérobie = Oxydative = Utilise l’O2 comme substrat

Sport et filière

Grâce à ces données, on peut donc associer à une pratique l’utilisation de telle ou telle filière. On va donc considérer aisément que l’énergie utile pour un sprint (15 s disons) ne peux pas provenir de la filière oxydative (Aérobie) puisqu’elle met 2min à trouver son plein potentiel (délai d’activation).

On enchaine avec cette même logique pour les sports comme le 500m (Glycolytique), le marathon etc… En associant la durée de la pratique aux délais d’activation, on obtient une correspondance qui nous permet de savoir ce que nous devons travailler. Je vous épargne la différence entre la capacité et la puissance pour chaque filière. Retenons simplement que la puissance c’est la quantité d’énergie max fournis sur un laps de temps minimum et la capacité comme la faculté de créer cette même énergie longtemps.

Bon et bien conclusion ? Le tennis de table, les échanges sont court, donc anaérobie alactique ? Et bien c’est beaucoup plus compliqué que ça. Après tout, à l’échelle d’un match, on est à minimum 15min, à l’échelle d’une compétition plusieurs heures, à l’échelle d’un entrainement plusieurs heures.

Éléments de réponses

  1. Lundin a effectué des tests sur les joueurs suédois dans les années 70 (Oui ça date un peu mais j’y reviendrai plus tard). Il a relevé sur les joueurs, différentes données très intéressantes !

Volume d’oxygène

La première étant la consommation maximale d’oxygène ( VO2max). Il constate donc que les joueurs ont une VO2max moyenne de 65ml/kg/min. C’est BEAUCOUP. Cela équivaut à des joueurs de basket, foot et hockey.

Dans le jeu, aux cours d’un match, la consommation d’oxygène est en moyenne à 47,8ml/kg/min, donc 70% environ de leur VO2max.

Note importante : Les valeurs extrêmes s’éloignent peu de la valeur moyenne. On peut donc en conclure que les différents styles de jeu n’ont pas un gros impact sur la consommation d’oxygène des joueurs.

La fréquence cardiaque

La fréquence cardiaque est un bon indicateur de l’intensité d’un exercice. La variation de la FC est importante pour un même joueur au cours d’un match. Lors d’un match Suède Chine Stellan Bengston voit sa FC monter à 190 (sa FC max) sur les derniers points à la belle (19-21). On peut alors considérer l’impact qu’à le mental sur les réponses physiologiques du joueur.

La concentration d’acide lactique

L’acide lactique se crée lorsque le corps utilise la filière anaérobie lactique (Glycogène). En effectuant ces mesures, il était donc possible de déterminer si l’athlète utilisait bel et bien la filière anaérobie alactique.

Au cours d’une compétition, la concentration d’acide lactique était en moyenne de 2,5ml/l de sang. Mais il existe deux types de lactate, le sanguin et le musculaire. Pour connaitre la concentration musculaire il faut effectuer une biopsie, ce qu’ils ont fait. Ils ont étudié la concentration pour le deltoide (Epaule) et le vaste externe (Cuisse). Les valeurs restent faibles.

Ces mesures montrent que la processus n’est pas beaucoup utilisé, son action est surtout sollicité pour certains échanges assez long mais lacide lactique diminue rapidement avec la période de repos qui s’en suit ce qui permet de maintenir un niveau assez bas.

En effet, bien que l’échange dure parfois longtemps, le temps de repos est également largement augmenté par rapport au temps de repos moyen. De plus il a été montré que si l’athlète fait durer l’échange longtemps mais ne prend pas le temps de récupérer, il s’en suit une série de faute.

 

Conclusion et limites

En conclusion, le processus aérobie me parait être le métabolisme le plus important. Il permet de soutenir des entrainements intensifs et des heures de compétition à une intensité élevé tout en restant lucide. L’utilisation de la filière anaérobie lactique entrainerait une baisse du taux de sucre et ainsi ferait apparaitre les premiers traits de fatigue.

Je souligne donc l’importance d’avoir une base aérobie solide. Pour vous donner un ordre d’idée, si vous connaissez votre VMA, il faudrait qu’elle soit à 18km/h. Prenez votre temps après des échanges longs ! Prenez votre serviette tous les 6 points.

Attention cependant, ces mesures ont été effectués sur des sportifs de haut niveau qui s’entrainent tous les jours. Certes, ils représentent un idéal en terme de condition physique mais je pense qu’il est possible si vous vous entrainez moins et que vous faites probablement moins de compétition qu’eux, d’avoir un métabolisme aérobie moins dominant. Une chose est sûre, il faut limiter l’utilisation du processus lactique car c’est lui qui fait apparaitre les premiers signes de fatigue et le manque de lucidité.

Je trouve personnellement que cette étude apporte un indice supplémentaire quant au niveau que peuvent atteindre des joueurs très jeunes. En effet, chez les pré adolescent, les filières anaérobies sont peu développées et la filière aérobie compense en étant prédominante dans la plupart des exercices.

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