La théorie de l’attribution causale « Il a eu de la chance »

La théorie de l’attribution causale

Dans cette rubrique je vais essayer de vous apporter les clés pour que vous puissiez analyser, comprendre et améliorer vos habiletés mentales.

Je vais commencer par vous expliquer la théorie de l’attribution causale. Cette théorie s’appuie sur un modèle tri-dimensionnel que je vais vous montrer et qui vous permet de comprendre à quoi vous attribuer vos victoires et défaites. On a tous déjà entendu, il est meilleur que moi, il n’a eu que de la chance, je suis toujours mauvais sur picot etc… Quelles sont les stratégies inconscientes derrière ses explications et comment nuisent-t-elles ou favorisent votre progression ?

Introduction

La théorie de l’attribution causale est une approche cognitive de la motivation. C’est Fritz Heider (1944-1958) qui a inventé cette théorie. Elles influencent énormément les actions, les sentiments, la confiance en soi et la motivation. La plupart des recherches qui ont été menées dans ce domaine tendent à montrer pourquoi les gens optent pour certaines attributions.

Le modèle tri-dimensionnel

Le modèle tri-dimensionnel a été créer par Weiner (1985) en complément des recherches déjà menés par Fritz Heider.

Il y rajoute la notion de contrôlabilité étant la perception du caractère contrôlable ou incontrôlable du résultat. Par exemple, la balle ou la raquette sont des éléments contrôlable et externe. On peut également estimer que lorsque l’on s’énerve, c’est interne puisque cela correspond à un état émotionnel mais pourtant incontrôlable.

 

Le lieu de causalité correspond aux caractères internes ou externes des causes que l’on attribue à notre victoire ou défaite. Par exemple, une faute directe en remise de service peut être à la foi perçus comme interne si l’on s’estime responsable ou comme externe si l’on estime que c’est l’adversaire qui a bien servis.

Ces trois notions se superposent. Dans le cas où je fais une erreur directe, mon attribution causale pourrait être de dire que je ne suis pas bon en remise de service depuis toujours. On remarque donc que la personne attribue un caractère interne, stable et incontrôlable. Or l’entrainement doit permettre à l’athlète d’attribuer constamment un caractère instable et contrôlable a une erreur.

Et là on s’attaque à la notion d’optimisme et de pessimisme ou espoir/désespoir. Le désespoir survient lorsque les causes attribuées à un échec sont stables et incontrôlables. L’espoir survient si le succès est stable et contrôlable.

En situation

Pour étudier la théorie de l’attribution causale il faut se placer en situation de compétition. En fonction du statut perdant/gagnant, chacun sera amené à formuler des causes différentes. La réponse émotionnelles instantané à l’issu du match est souvent le bonheur si succès et la déception en cas d’échec. Cette réponse émotionnelle n’est pas associée à l’attribution causale que nous n’avons pas encore eu le temps d’établir. Une seconde réponse émotionnelle apparait peu après lorsque nous établissons les raisons du résultat. On dit qu’elles sont dépendantes de l’attribution contrairement aux premières.

En observant ces réponses émotionnelles on peut en déduire l’attribution causale. La colère apparaitra principalement en cas d’injustice commis par un acteur externe comme une erreur d’arbitrage ou de la chance. Dans ce cas, il faut apprendre à dissocier l’échec de ces facteurs incontrôlable. Pour y parvenir, il faut relativiser et souvent cela demande beaucoup de maturité. N’oublions pas que trois balles chanceuses dans un set c’est déjà conséquent mais cela représente une faible partie des points joués. Et si on souhaite être honnête avec soi-même nous devrions en plus soustraire les points chanceux subis par ceux que nous commis. Rapporté au match entier, la portion des points vraiment volé est encore plus faible voir inversé.

La chance

Partez de ce principe mathématique, 50% de chance. Quand le joueur vole un point, il faut savoir que l’adversaire a les mêmes chances de m’en voler un par la suite. Si j’en vole trois, outre le fait que cela peut biaiser mon point de vue sur le set et me mettre en difficulté par manque de vigilance, cela signifie aussi que la chance finira par tourner. Alors redouble de préparation et ne baisse surtout par la garde. En réalité, on s’excuse par politesse mais méfiance est le maitre mot.

Pour conclure, à la fin de la lecture de cet article, il est tout à fait possible que certains se reconnaissent dans tels ou tels attributions. Je n’ai qu’une chose à vous dire, vous pouvez changer et optimiser vos réponses pour vous permettre d’être plus optimiste en match et efficace à l’entrainement.

Bonne chance à tous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *